En Guyane, l'accès aux services bancaires n'est pas le même partout : entre Cayenne, Kourou, Saint-Laurent-du-Maroni et les communes de l'intérieur, les distances sont grandes et l'usage des espèces reste fréquent. Cette situation pousse certains habitants à chercher de l'argent auprès de particuliers ou à répondre à des offres reçues sur le téléphone. C'est un terrain favorable aux abus.
Ce guide est consacré à la vigilance : reconnaître les fraudes, comprendre les risques des prêts informels, notamment transfrontaliers, et connaître les solutions encadrées. PreteurPrive.fr ne prête pas et ne met personne en relation.
Le droit applicable en Guyane
La Guyane est une collectivité territoriale française : le droit français y est applicable, comme la monnaie euro. Un particulier peut prêter ponctuellement à un proche, mais faire du prêt rémunéré une activité habituelle est réservé aux établissements agréés. Tout intérêt doit rester sous le taux d'usure publié par la Banque de France, un prêt de plus de 5 000 € se déclare avec le formulaire 2062 et les intérêts perçus sont imposables.
Les fraudes au faux prêt
Les escroqueries au crédit circulent par WhatsApp, Facebook ou SMS, en français, en portugais ou en anglais. Le schéma est presque toujours identique :
- une offre de prêt rapide, sans justificatif, « même pour les personnes fichées » ;
- une acceptation immédiate de votre demande ;
- une demande de paiement préalable : frais de dossier, assurance, taxe, frais de transfert ;
- de nouvelles demandes après chaque paiement, jusqu'à la disparition du « prêteur ».
Aucun prêteur légitime ne réclame d'argent avant de verser un prêt. Consultez notre liste de faux prêteurs signalés et notre page sur les faux frais de dossier avant toute démarche.
Les prêts informels et transfrontaliers
La Guyane partage de longues frontières avec le Suriname et le Brésil, et de nombreuses familles vivent des deux côtés. Un prêt consenti ou remboursé de l'autre côté du fleuve, dans une autre monnaie et selon d'autres lois, est difficile à prouver et à récupérer. Les variations de change peuvent aussi modifier fortement la somme réellement due.
- Fixez le prêt en euros et par écrit.
- Évitez les remises d'espèces sans reçu.
- Méfiez-vous des intermédiaires qui proposent de « faire passer » l'argent.
- Pour un montant important, demandez conseil à un professionnel du droit.
Notre page sur le prêt entre particuliers à l'international approfondit ces questions.
Les prêteurs informels abusifs
Autre risque : le prêteur local qui avance de l'argent à des taux très élevés, réclame des remboursements hebdomadaires et conserve parfois une carte bancaire ou un document en garantie. Ces pratiques peuvent constituer de l'usure, voire de l'extorsion en cas de menaces. Ne remettez jamais votre carte, votre code ou vos papiers d'identité. En cas de pression, adressez-vous à la gendarmerie ou à la police, ou à un point d'accès au droit.
Si une personne vous propose de « garder » votre carte jusqu'au remboursement, sachez que vous restez responsable des opérations effectuées avec elle et que vous perdez le contrôle de votre compte. Faites opposition auprès de votre banque si votre carte a été remise ou retenue.
Protéger un prêt entre proches
Quand le prêteur est un parent ou un ami de confiance, un écrit suffit souvent à éviter les conflits : une reconnaissance de dette rédigée par l'emprunteur, avec la somme en chiffres et en lettres, la date et l'échéancier. Utilisez de préférence des virements. Notre modèle de reconnaissance de dette à compléter vous aide à la rédiger. En cas de non-remboursement, le prêteur peut recourir à un conciliateur de justice puis à l'injonction de payer.
Les solutions encadrées
- Un crédit auprès d'une banque, après étude de votre situation.
- Le microcrédit accompagné, proposé par des associations et des banques partenaires, pour un projet d'insertion ou une petite activité.
- Les aides des services sociaux de votre commune ou de la collectivité.
- Le droit au compte, si une banque refuse de vous ouvrir un compte.
Dans les départements d'outre-mer, l'IEDOM exerce les missions de la Banque de France auprès des particuliers : surendettement, droit au compte, information sur les fichiers bancaires. Ses services peuvent vous orienter gratuitement. Pour vérifier un intermédiaire en crédit, consultez le registre de l'ORIAS.
Si vous êtes victime
Arrêtez immédiatement de payer, contactez votre banque, conservez les preuves et portez plainte. Signalez aussi le compte ou l'annonce à la plateforme concernée. Méfiez-vous de quiconque promet de récupérer votre argent contre paiement.
Check-list de vigilance
- Aucun frais payé avant le versement.
- Aucune carte bancaire ni pièce d'identité remise en garantie.
- Prêt fixé en euros et par écrit.
- Taux sous le seuil d'usure.
- Solutions encadrées étudiées avant tout prêt informel.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
