Toiture qui fuit, chaudière à remplacer, isolation à refaire : les travaux arrivent rarement au moment où l'épargne le permet. Avant de souscrire un crédit travaux ou de solliciter un proche, il est utile de faire le tour des aides publiques, qui réduisent parfois fortement le montant à financer, notamment pour la rénovation énergétique.
Cette page passe en revue les solutions pour financer des travaux sans crédit bancaire classique, puis les règles à respecter si un particulier vous prête l'argent.
Commencer par les aides à la rénovation
Pour les travaux d'économie d'énergie, plusieurs dispositifs publics peuvent se cumuler sous conditions :
- MaPrimeRénov' : aide de l'Agence nationale de l'habitat, dont le montant dépend des revenus et des travaux ;
- les primes des certificats d'économies d'énergie : versées par les fournisseurs d'énergie ou leurs partenaires ;
- l'éco-prêt à taux zéro : un prêt sans intérêts distribué par les banques partenaires pour certains travaux de rénovation énergétique ;
- la TVA à taux réduit : 5,5 % pour les travaux d'amélioration énergétique et 10 % pour d'autres travaux dans les logements de plus de deux ans ;
- les aides locales : région, département ou commune proposent parfois des compléments.
Les conseillers du réseau public France Rénov' informent gratuitement sur ces aides. Les conditions changent souvent : vérifiez-les avant de signer un devis, car certaines aides doivent être demandées avant le début des travaux.
Les autres solutions sans crédit bancaire
Les aides sociales et les caisses
Selon votre situation, la caisse de retraite, la caisse d'allocations familiales, la mutualité sociale agricole ou l'action sociale de l'employeur peuvent accorder des aides ou des prêts à l'amélioration de l'habitat. Pour l'adaptation du logement à la perte d'autonomie, des aides spécifiques existent également.
Le prêt avance rénovation
Ce prêt hypothécaire, proposé par certaines banques aux ménages modestes, n'est remboursé qu'à la vente du logement ou lors de la succession. Il ne pèse donc pas sur le budget mensuel, mais réduit le patrimoine transmis.
L'étalement chez l'artisan
Un artisan peut accepter un paiement en plusieurs fois selon l'avancement du chantier. C'est d'ailleurs la règle à privilégier : ne versez jamais la totalité avant le début des travaux.
Emprunter à un proche pour des travaux
Un prêt ponctuel entre particuliers est légal. Pour qu'il reste un service rendu et non une source de conflit, appliquez ces règles :
- rédiger une reconnaissance de dette avec la somme en chiffres et en lettres écrite par l'emprunteur ;
- fixer un calendrier de remboursement réaliste ;
- déclarer le prêt avec le formulaire 2062 s'il dépasse 5 000 € ;
- respecter le taux d'usure si un intérêt est prévu, le prêteur déclarant ensuite les intérêts perçus.
Le proche peut aussi régler directement les factures de l'artisan : cela rassure le prêteur sur l'usage des fonds et laisse une trace claire. Si l'aide n'a pas vocation à être remboursée, une donation déclarée est plus honnête. Un prêt sans intérêt peut aussi convenir : voyez notre page sur le prêt familial sans intérêt.
Crédit travaux classique : quand il reste pertinent
Pour de gros montants, un crédit bancaire n'est pas toujours à écarter. Jusqu'à 75 000 €, un prêt travaux relève du crédit à la consommation, avec un délai de rétractation de quatorze jours. Au-delà, il suit les règles du crédit immobilier. Comparer le coût total, et pas seulement la mensualité, reste indispensable. Le taux d'un crédit, comme celui d'un prêt entre particuliers, est plafonné par le taux d'usure.
Protéger le chantier, et donc l'argent prêté
Un financement bien monté peut être ruiné par un chantier mal encadré. Quelques réflexes :
- comparer au moins deux ou trois devis détaillés ;
- vérifier l'immatriculation de l'entreprise et son attestation d'assurance décennale pour les travaux concernés ;
- pour les aides énergétiques, choisir un professionnel portant la mention RGE lorsque l'aide l'exige ;
- refuser les démarcheurs qui promettent des travaux « gratuits » ou financés intégralement.
Le démarchage abusif dans la rénovation énergétique est un phénomène connu. Le même réflexe de prudence vaut pour les « prêteurs » qui proposent de financer vos travaux sur internet : consultez notre page sur l'escroquerie au faux prêt.
Si vous êtes déjà endetté
Ajouter un prêt, même familial, à des crédits existants peut déséquilibrer le budget. Si les remboursements deviennent difficiles, parlez-en tôt à votre banque, à un conseiller budgétaire ou à un point conseil budget. En cas de difficultés graves, la procédure de surendettement de la Banque de France existe pour cela.
Copropriété et logement loué : des cas particuliers
En copropriété, les gros travaux votés en assemblée générale sont appelés par le syndic sous forme de fonds. Certains syndicats souscrivent un prêt collectif, auquel chaque copropriétaire peut adhérer pour étaler sa quote-part, ce qui évite parfois de solliciter un proche. Les aides à la rénovation existent aussi pour les travaux sur les parties communes. Si vous êtes bailleur, les règles diffèrent : certaines aides sont soumises à des engagements de location, et les intérêts d'un emprunt peuvent, selon le régime fiscal choisi, être pris en compte dans le calcul des revenus fonciers. Pour un locataire, enfin, la plupart des travaux importants relèvent du propriétaire : avant d'emprunter pour améliorer un logement que vous louez, vérifiez avec lui ce qui lui incombe et obtenez son accord écrit.
Check-list financement des travaux
- Contacter un conseiller France Rénov' avant de signer.
- Demander les aides avant le début du chantier.
- Comparer devis et assurances des entreprises.
- Formaliser et déclarer tout prêt d'un proche.
- Payer selon l'avancement, jamais tout d'avance.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
